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ven. 17 déc. 2021
20H30

Y'a Quelqu'un

Au Théâtre

Hors les murs
Organisateur : En coproduction avec L'Empreinte, Scène Nationale Brive-Tulle
L'Empreinte, Théâtre de Tulle
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Yoanna Ceresa vient du milieu de la chanson et affiche trois albums à son actif. Son incursion dans le monde des enfants remonte à Marre Mots, concert-spectacle à succès. Y’a quelqu’un ? prend la forme d’un huis clos musical.

Anna, ado enfermée seule dans sa chambre, ne peut pas sortir. Alors la moindre pluie à la fenêtre, le moindre son devient prétexte à divagations. Quelquefois une voix lui parle, quelqu’un, l’autre, tous les autres. Yoanna Ceresa et Mathieu Goust construisent un ovni sonore théâtral autour de l’enfermement. Avec une table comme seul accessoire, quelques micros épars et des instruments, ils font du vide et du silence de la chambre un formidable tremplin pour l’imaginaire : des chansons apparaissent, des sons deviennent vie, des dessins s’envolent. Anna abandonne la colère pour se laisse aller au flux de la musique et des émotions. Avec l’espoir, enfin, de (s’en) sortir.

 

Écriture et composition Yoanna Ceresa et Mathieu Goust 
Au plateau Yoanna Ceresa et Mathieu Goust 
Lumières Magali Laroche 
Son Manu Barrero 
Mise en scène Chloé Schmutz 
Scénographie Olivier Laurent 
Conseiller technique danse Pierre Boileau 
Conseillère technique marionnette Emmanuelle Marchal 
Graphisme et photos Lucie Locqueneux 
Illustrations Yoanna Ceresa 
Production Éric Ghenassia 
Chargé de diffusion Lionel Bidabé.

Coproduction  Matcha, Des lendemains qui chantent (Tulle), Train Théâtre (Portes-lès-Valence), Théâtre des Pénitents (Montbrison), L’Ilyade (Seyssinet), Chorus des Hauts-de-Scène Avec le soutien de CNM, SACEM.

Yoanna

Déjà, lorsqu’elle écrit ses premiers textes à 18 ans, c’est avec son piano à bretelles que cette auteure-compositeure-interprète pose ses mélodies sur des mots où la colère affleure en permanence. La musique a eu un effet « libérateur » après une adolescence plus que chahutée, se souvient-elle. « Et puis j’avais des trucs à dire… ». C’est toujours le cas aujourd’hui. Même si au fil des années et des albums (“Un peu brisée” en 2012, “Princesse” en 2015 et “2e sexe” cet automne), son écriture, très « instinctive » au départ, « presqu’animale », a évolué. « J’y prends plus de plaisir, je suis plus à l’aise avec les mots, je vais jouer avec les pronoms, les temps… et m’amuser à brouiller les pistes ». Idem dans la composition : après avoir débuté « un peu à l’ancienne », en écrivant ses textes avant de les mettre en musique, aujourd’hui elle trafique des sons à l’ordi, des boucles de percus, crée des ambiances et une atmosphère musicale.

Côté textes, Yoanna continue à suivre le sillon qu’elle creuse depuis plus de 15 ans : un peu apaisée mais surtout pas assagie, elle est toujours prête à lever la plume et le poing face aux petites et grandes médiocrités de ce monde, qu’il s’agisse des femmes qu’on abaisse et qu’on harcèle, de l’environnement déglingué, du pouvoir de l’argent, de la course à la rentabilité… Et toujours, aussi, ce besoin viscéral de s’affranchir des conventions, d’affirmer sa liberté d’être et de faire, un moteur essentiel pour elle qui a toujours veillé sur son indépendance artistique en auto-produisant tous ses disques.

Après l’album “Princesse”, en 2015, qui « n’a pas fonctionné », confie-t-elle, elle entre dans une phase de remise en question. « J’étais un peu bloquée. J’avais aussi envie de prendre des vacances avec moi-même ». L’aventure Marre-Mots, une escapade dans le monde de la chanson pour enfants, lui en donne l’occasion. Elle s’y lance avec enthousiasme et, toujours, ce sens inné du contre-pied : « on pensait faire un truc hyper gentil pour les gamins et finalement on est parti sur les émotions avec des chansons sur la mort, sur l’homoparentalité, sur les gros mots, plein de sujets qui dérangent ». Mais qui tapent juste : Yoanne enchaîne quelque 200 concerts en deux ans. Une période durant laquelle elle laisse de côté l’écriture en solo. « Je ne sais pas comment font les gens pour écrire en tournée, je n’y arrive pas… J’ai besoin de me poser… ».

Manque de temps, d’énergie, d’inspiration. Le mouvement #metoo joue le rôle de l’étincelle qui rallume définitivement la mèche, toujours prête à s’enflammer chez Yoanna, qui n’a pas attendu la libération de la parole des femmes pour balancer la sienne sans détours. Un franc-chanter à retrouver et à écouter d’urgence sur son dernier album, “2e sexe”.