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jeu. 10 mars 2022
20H30

Laetitia Shériff + Théo Charaf

Terminé
concert  / 
Organisateur : Des Lendemains Qui Chantent
Des Lendemains Qui Chantent salle - 450 places debout
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Laetitia Shériff

Le quatrième album de Laetitia Shériff s’intitule Stillness, et il prend la forme d’un miroir.
Il a fallu du temps pour polir ce disque-là : poser son fardeau, se reposer, reprendre son souffle, avant d’assembler les chansons comme on construit un feu.

Avec des bribes de phrases, collectées et archivées, des mots trouvés ou inspirés par des lectures, choisis et longuement soupesés, puis mis au chaud, Laetitia a fait des provisions. Reste à composer le puzzle. Celui-ci prend la forme d’un visage, le sien. Le contraire du miroir aux alouettes que nous tendent les réseaux sociaux, où l’on se voit toujours tel que l’on n’est pas. Ici le portrait est celui de Laetitia Shériff, dans sa vérité, mais peut aussi servir à qui veut : le miroir contient en puissance tous les visages humains.
 

Et qu’entend-on ? Des guitares en open, décharnées, voire à l’os, qui évoquent parfois les moments épileptiques d’un Neil Young, une batterie sobre et précise, d’une classe presque janséniste, pour des titres rêches, pleins d’échardes et de rage. Et puis, soudain, la clairière s’éclaircit et tout est plein de lumière : des arrangements en formes d’arabesques nous plongent dans la rêverie, voire dans la féerie, et évoquent les tapisseries fines de Broadcast. Car le monde de Laetitia Shériff est peuplé de multiples références, comme Oh Sees, Sunn O))), Jason Loewenstein de Sebadoh, David Bowie, autant de totems personnels, qu’elle partage sûrement avec Kurt Vile ou Courtney Barnett... Sur ces 10 titres pop plane aussi l’ombre de grands oiseaux motoriques comme Can ou Beak, ou tombent des pluies cinglantes à la Shellac ou Tropical Fuck Storm. On pense souvent à Shannon Wright pour cet équilibre yogique entre électricité et méditation, décidément au centre de tout.

Théo Charaf

Avant, et même encore aujourd’hui, Théo jouait dans des groupes punk-rock.

Il est venu au blues par le rock, la vieille histoire des racines de Led Zep ou des Stones. Mais ceux qui l’ont vu sur scène savent que cette histoire vaut la peine d’être répétée.


A 27 ans, Théo Charaf joue de la guitare et chante avec le supplément d’âme de ceux qui le font pour les bonnes raisons, pour s’exprimer et passer un flambeau qui réchauffe, plutôt que par imitation. Quand il joue, Théo Charaf est traversé par les esprits de Mississippi John Hurt, Skip James, Blaze Foley ou tous ces folksingers des grands espaces cabossés par l’existence et la route.