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Ema Alkala & Looking for the immortal bird - La rencontre

Publié le 16/04/2021
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Ema Alkala, fascinant personnage est le créateur de Looking for the immortal bird actuellement en résidence à Des Lendemains Qui Chantent. Le trio (guitares, basse/claviers et batterie) est en pleine phase de recherche sur l’incarnation du propos musical sur scène pour restituer au plus juste les émotions qui s’y trouve.
Looking for the immortal bird est une histoire, ou plutôt une recherche.

Ema Alkala a le souvenir d’un homme qu’il a vu une nuit au pied de sa porte. Cet homme, pieds nus, les mains en sang hurlait contre ses voix intérieures. Il pleurait dans le silence angoissant de la nuit.
Le monde ne veux pas de lui.
Ema recherche la musique qui définit ce qu'il s'est produit, entre le chaos et le rêve.

On prend quelques minutes avec le groupe pour causer et faire le point :

Les influences du groupe :

Ema : Le groupe Son Lux est important pour moi. Il est important même si sa musique est assez différente, même si ce n’est pas représentatif. En réalité ce qui me rapproche de Son Lux ce sont les arrangements, ils m’inspirent beaucoup. Il y un enjeu énorme dans les arrangements, il s’agit d’agencer la musique dans le temps.
C’est avec eux que tu racontes l’histoire avec des choix importants pour apporter de la compréhension et faire vivre l’intrigue. Où et comment plaçons nous les choses ? Est ce que les péripéties arrivent avant le sujet ? Comment on organise la musique pour être dans la narration de quelque chose ? Que des questions très importantes.

Thomas : On peut aussi trouver de temps en temps des clins d’œil à Kavinski au niveau du son, même si là aussi, ce que l’on fait est assez différent.

 

Les actus du groupe :

Ema : C’est la galère ! On a du changé le line up (les musiciens). En fait on était un peu bloqué avec la situation covid qui nous dépasse un peu et nous empêche de faire beaucoup de choses. On avait besoin de résidence pour avancer et celle ci tombe à pic. Elle stabilise le groupe avec les arrivées de Thomas aux claviers , basses et guitares additionnelles et d’ Axel à la batterie. Ils ont intégré les compositions qui sont fixées sur un EP depuis quelques temps déjà alors que le projet n’avançait plus beaucoup.
Pierrick est arrivé au son, c’est positif aussi. Tout a changé au final. Le projet est passé par pas mal de phase.
On aura bientôt une autre résidence à Cahors dans le cadre d’un échange entre salles de concerts avec Des Lendemains.

Concrètement en ce moment on agence la set list. L’histoire est là, elle existe, mais elle a besoin d’être travaillée et consolidée sur scène. On a besoin de la roder pour trouver de la fluidité.

Aujourd’hui Ema Alkala a aussi besoin de mobiliser un environnement extérieur pour faire avancer le projet. Un label serait le bienvenu, des moyens de productions aussi.
La vidéo devra aussi bientôt jouer son rôle pour communiquer dans une période où la scène est impossible et où beaucoup de choses se passent en numérique. Un scénario de clip est prêt. On y verra assez peu les musiciens, peut être pas du tout même. Ce sera l’histoire d’un personnage qui se ballade dans une forêt où il pleut des cendres. Un cheval qui se consume de l’intérieur, perdu dans le temps et l’espace s’y trouve…

La collaboration ou le featuring de rêve :

Ema : Avec mon frère tout simplement. Philippe fait dans l’image et le cinéma, ça va se faire. Je m’en réjouis.
Sinon ce serait incroyable de bosser avec Mandico. Il représente le nouveau cinéma fantastique. Ses films sont magnifiques, notamment la déco. D’ailleurs on en a récupéré quelques éléments pour les utiliser dans notre résidence d’artsites à Salon La Tour (Insta : Hotelexperimenta)

Les copains sur la route :

Ema : Ema Alkala est au centre d’un univers artistique dont Looking for the immortal bird fait partie.

La semaine prochaine je vais jouer du piano à queue dans un château. On prépare une expo avec Aurélie Gallois qui se passera à Paris. Elle réalise des tableaux sur des meubles et moi je crée les morceaux qui vont être mis en résonance avec ses créations.
Je bosse aussi sur des musiques de films avec Patxi Andara. Il est basque et réalise un travail sur le mysticisme de ses montagnes pyrénéennes.

Il y aussi un projet avec Julie Beressi qui se profile. C’est une création pour France Culture. On retrouve Aurélie Gallois qui fait aussi des miniatures de peintures érotiques dans des boîtes. Elle a demandé à 24 auteurs de réaliser des textes sur ces créations, chacun sur une image, qui seront lus par Julie Beressi. Je crée les musiques et l’univers sonore de ses lectures.

Vos meilleurs souvenirs de concerts en tant que spectateurs :

Ema et Thomas : Sans aucun doute Et The Lessines à Des Lendemains Qui Chantent (!). C’était dans le cadre du festival Du Bleu en Hiver. Le bassiste de ce groupe n’est autre que Jim Barr qui joue dans Portishead, c’est dire le niveau. A la batterie il y avait une jeune femme qui s’appelait Daisy, elle remplaçait Clive le batteur habituel. Son jeu était dingue.

Ema : Je m’en inspire systématiquement depuis pour composer, ses appuis sont fous, elle a une approche très différente.
Pierrick : je faisais le son ce jour là et je confirme. Avec des musiciens comme ça tout est facile, c’était un plaisir à restituer en salle. Ils ont mis tout le monde d’accord en salle !

Axel : Je me souviens de Piniol, à Des Lendemains aussi (!). À un moment je me suis perdu dans la musique, c’était fort. Mon cerveau ne suivait plus, ce concert m’a vraiment marqué. J’ai un super souvenir d’HighjTTone aussi dans un festival de dub à côté de Limoges.

Thomas : on avait vu Mowgli au Taquin à Toulouse avec Ema. Le groupe est bien perché,, tout se passe en l’air. Le claviériste jouait dingue aussi.